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Diagnostic radon : zones, seuils et démarche à suivre dans votre logement

Le radon, gaz radioactif d’origine naturelle, circule dans le sous-sol de nombreuses communes françaises. Incolore et inodore, il s’infiltre dans les logements par la moindre fissure et peut atteindre des concentrations dangereuses pour la santé. Depuis le 1er juillet 2018, l’information sur ce risque est intégrée à l’état des risques et pollutions (ERP) obligatoire pour toute vente ou location dans les communes classées en zone 3. Nous vous détaillons les zones concernées, le seuil réglementaire à respecter, la procédure de mesure et les solutions pour réduire l’exposition dans votre logement.

En bref : le radon est réglementé par les articles R1333-28 à R1333-32 du Code de la santé publique. Le seuil de gestion est fixé à 300 Bq/m³ par l’arrêté du 26 février 2019. Environ 7 000 communes réparties dans une trentaine de départements sont classées en zone 3 (potentiel significatif). L’information sur ce risque figure obligatoirement dans l’ERP annexé au bail ou au compromis de vente.

Le radon : un gaz radioactif naturel présent dans les sols

Le radon provient de la désintégration naturelle de l’uranium contenu dans certaines roches, principalement les formations granitiques et volcaniques. Il migre à travers le sol et s’accumule dans les espaces confinés : caves, vides sanitaires, rez-de-chaussée mal ventilés. Sa concentration dans l’air intérieur se mesure en becquerels par mètre cube (Bq/m³).

Sur le plan sanitaire, ce gaz est classé cancérogène certain pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (groupe 1). Il constitue la deuxième cause de cancer du poumon en France après le tabac, avec environ 3 000 décès attribués chaque année selon Santé publique France. Le risque augmente proportionnellement à la concentration inhalée et à la durée d’exposition. Il se cumule avec le tabagisme.

Quelles sont les zones à potentiel radon en France ?

L’article R1333-29 du Code de la santé publique classe le territoire national en trois zones selon le potentiel radon des formations géologiques du sous-sol. La liste précise des communes concernées est fixée par l’arrêté du 27 juin 2018 :

  • Zone 1 : potentiel radon faible, aucune obligation spécifique en matière d’information ou de mesure.
  • Zone 2 : potentiel faible mais susceptible d’être plus élevé localement en raison de facteurs géologiques particuliers (failles, ouvrages miniers).
  • Zone 3 : potentiel radon significatif, correspondant aux formations riches en uranium. Les communes classées ici sont soumises à l’information obligatoire dans l’ERP.

Une trentaine de départements est majoritairement classée en zone 3. Le tableau ci-dessous récapitule les principaux territoires concernés, sur la base de la cartographie établie par l’ASNR (ex-IRSN).

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Région Départements majoritairement en zone 3
Bretagne Côtes-d’Armor (22), Finistère (29), Ille-et-Vilaine (35), Morbihan (56)
Massif central Allier (03), Cantal (15), Haute-Loire (43), Puy-de-Dôme (63), Corrèze (19), Creuse (23), Haute-Vienne (87), Lozère (48)
Vosges et Alsace Vosges (88), Bas-Rhin (67), Haut-Rhin (68)
Massif armoricain / centre Loire-Atlantique (44), Mayenne (53), Deux-Sèvres (79), Vienne (86)
Corse Corse-du-Sud (2A), Haute-Corse (2B)
Autres Loire (42), Rhône (69), Ardèche (07), Aveyron (12), Doubs (25), Nièvre (58), Saône-et-Loire (71)

La cartographie officielle mise à jour par l’ASNR permet de vérifier la classification de votre commune. Le zonage repose sur la nature géologique du sous-sol, pas sur des mesures individuelles : deux logements voisins peuvent afficher des concentrations très différentes selon leur construction et leur ventilation.

Diagnostic radon : quand devient-il obligatoire ?

La réglementation distingue deux situations. Pour les logements individuels et collectifs, il ne s’agit pas d’un diagnostic technique au sens du DPE ou de l’amiante : c’est une information intégrée à l’état des risques et pollutions. Le propriétaire vendeur ou bailleur doit indiquer, dans le formulaire ERP annexé au bail ou au compromis, que le bien est situé en zone à potentiel radon significatif. Cette information est obligatoire depuis le 1er juillet 2018 dans toutes les communes classées en zone 3. Nous détaillons le fonctionnement de ce document dans notre guide sur la durée de validité du diagnostic ERP.

Pour les établissements recevant du public (ERP tertiaires) implantés en zone 3, l’obligation est plus stricte : un mesurage effectif de la concentration en radon doit être réalisé par un organisme agréé (article R1333-33 du Code de la santé publique). Sont notamment concernés les crèches, écoles, établissements de santé, thermes et lieux souterrains recevant du public. Le mesurage est renouvelé tous les dix ans ou après des travaux modifiant l’aération du bâtiment.

L’omission de l’information radon dans l’ERP expose le vendeur ou le bailleur à des recours civils : l’acquéreur peut demander la résolution de la vente ou une diminution du prix, le locataire peut saisir le tribunal pour obtenir des travaux ou une réduction de loyer. Cette obligation figure parmi les diagnostics obligatoires intégrés au dossier de diagnostic technique (DDT).

Comment se déroule la mesure du radon dans un logement ?

Bien que non obligatoire dans les logements privés, la mesure volontaire est fortement recommandée dès lors que vous êtes en zone 3, notamment si le logement comporte un sous-sol, un rez-de-chaussée sur terre-plein ou si la ventilation est ancienne. La méthode de référence repose sur la norme AFNOR NF M60-771 et s’appuie sur des dosimètres passifs de type Détecteurs Solides de Traces Nucléaires (DSTN).

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Le principe est simple : deux dosimètres au minimum sont installés dans les pièces de vie principales (séjour, chambre) au niveau bas du logement. Ils enregistrent la radioactivité alpha pendant toute la durée d’exposition, puis sont envoyés à un laboratoire agréé pour analyse.

Une période de mesure calée sur la saison froide

Il convient de réaliser la mesure entre le 15 septembre et le 30 avril, période durant laquelle les logements sont chauffés et moins ventilés. Les concentrations mesurées sont alors représentatives de l’exposition annuelle réelle. La durée minimale d’exposition des dosimètres est de deux mois. Une mesure estivale ou trop courte donne des résultats sous-estimés et n’a pas de valeur réglementaire.

Quel professionnel solliciter ?

Pour un logement privé, vous pouvez commander un kit de mesure auprès d’un laboratoire agréé par l’ASNR pour un coût de 30 à 60 € par dosimètre. Pour une expertise avec rapport détaillé et préconisations, il convient de solliciter un opérateur certifié par un organisme accrédité COFRAC. Le résultat est exprimé en Bq/m³ et comparé au seuil réglementaire de 300 Bq/m³.

Que faire si le seuil de 300 Bq/m³ est dépassé ?

Le seuil de gestion fixé par l’arrêté du 26 février 2019 est de 300 becquerels par mètre cube. En dessous, aucune action corrective n’est imposée. Au-dessus, des mesures de réduction doivent être engagées pour ramener la concentration sous ce seuil. Trois types d’action sont habituellement combinés selon la configuration du bâtiment.

Solution Principe Coût indicatif Réduction attendue
Ventilation renforcée (VMC simple flux) Augmenter le renouvellement d’air pour diluer la concentration 250 à 800 € 30 à 50 %
VMC double flux Ventilation performante avec récupération de chaleur 2 500 à 5 000 € 40 à 60 %
Étanchéification (colmatage fissures, joints, passages de gaines) Réduire les points d’entrée du gaz depuis le sol 500 à 2 000 € 20 à 40 %
Système de dépressurisation du sol (SSD) Pompe qui extrait le gaz sous la dalle avant qu’il n’entre dans l’habitation 3 000 à 8 000 € 80 à 90 %

Nous vous conseillons de commencer par les actions simples : identifier et colmater les entrées d’air parasites, vérifier le bon fonctionnement de la ventilation existante, aérer quotidiennement. Une seconde campagne de mesure permet ensuite de vérifier l’efficacité des travaux. Si le seuil reste dépassé, l’installation d’un système SSD est la solution la plus efficace, souvent combinée à une VMC.

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Certains travaux de rénovation énergétique cofinancés par MaPrimeRénov’ incluent la ventilation performante et l’étanchéité à l’air. L’occasion de traiter simultanément le radon et la performance thermique, comme nous l’expliquons dans notre article sur les leviers pour améliorer son DPE.

FAQ : les questions courantes sur le diagnostic radon

Quel est le prix d’une mesure de radon ?

Un kit de dépistage auprès d’un laboratoire agréé coûte entre 30 et 60 € par dosimètre. Une expertise complète avec rapport et préconisations se situe entre 150 et 400 € selon la surface du logement.

Le diagnostic radon est-il obligatoire lors d’une vente ?

Pour les logements privés, la mesure elle-même n’est pas obligatoire. En revanche, si le bien est situé en commune de zone 3, l’information sur le risque radon est obligatoirement intégrée à l’état des risques et pollutions (ERP) annexé au compromis et à l’acte authentique. Cette obligation concerne aussi le bailleur en location, dont l’ERP est joint au bail.

Comment enlever le radon d’une maison ?

La réduction repose sur trois leviers : améliorer la ventilation (VMC simple ou double flux), colmater les points d’entrée du gaz depuis le sol et installer si nécessaire un système de dépressurisation du sol. Combinés, ces travaux réduisent les concentrations de 80 à 90 %.

Le radon est-il dangereux même en dessous de 300 Bq/m³ ?

Le risque sanitaire existe à toute concentration mais reste jugé maîtrisable en dessous du seuil réglementaire. À noter que l’Organisation mondiale de la santé recommande une valeur de référence plus basse, à 100 Bq/m³. Nous vous conseillons donc d’agir dès 200 Bq/m³ si des enfants ou des fumeurs vivent dans le logement, car les effets se cumulent.

Quelle est la durée de validité de la mesure ?

Aucune durée légale n’est fixée pour les logements privés. Il est toutefois recommandé de refaire une mesure tous les dix ans ou après tout changement significatif : travaux d’isolation, remplacement de la ventilation, modification du chauffage. Pour les ERP tertiaires, le renouvellement décennal est imposé.

Puis-je réaliser la mesure moi-même ?

Oui, à condition d’utiliser un kit fourni par un laboratoire agréé et de respecter les consignes de pose : deux dosimètres minimum, positionnés dans les pièces de vie en niveau bas, durée d’exposition d’au moins deux mois durant la période de chauffe. Les résultats sont fiables mais ne remplacent pas une expertise professionnelle pour définir un plan de travaux.